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Boku no Ita Jikan (僕のいた時間)

par Whoovy

Synopsis: Sawada Takuto est un étudiant ordinaire. Un jour, il apprend qu’il a une maladie appelée ALS et qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Au lieu de se morfondre sur son sort Takuto décide de poursuivre sa vie de manière active.

Informations:
Pays
: Japon
Épisodes: 11
Genre: Mélodrame
Diffusion: Jan -> Mars 2014
Chaîne: Fuji TV
Durée: 54 min
Interprétation
: Miura Haruma, Tabe Mikako, Kazama Shunsuke, Saito Takumi, Nomura Shuhei…


Contrairement à la synopsis,  qui ne présageait rien de bien original, –1 Litre of Tears (diffusée en 2005) ayant déjà traité de ce sujet – le scénariste de Boku no Ita Jikan réussit à contourner l’écueil du “déjà vu” en abordant de manière originale ce thème sensible.

3-horzLa force du drama réside, avant tout, dans le fait qu’il ne soit pas que centré sur la maladie et c’est d’ailleurs ce point qui fait qu’il arrive aussi bien à se distinguer de 1 Litre of Tears. En effet, le scénariste dépeint en arrière plan une société japonaise patriarcale où chacun semble avoir un rôle bien défini. Il nous donne alors un aperçu du statut de la femme, de la place du père dans la famille mais, plus important encore, il nous montre avec réalisme le malaise d’une jeunesse à la recherche d’une place dans une société parfaitement cadrée. J’ai bien aimé le fait que le scénariste utilise le terme « masque » car, finalement, on se rend compte que pour répondre aux exigences de cette société, les personnages n’ont d’autres choix que d’en revêtir un. C’est notamment à travers la famille de Takuto que l’exemple est le plus flagrant : la mère agit en parfaite épouse, le père se comporte en chef de famille (la présence du père à l’écran est rare dans les premiers épisodes mais la mention de ce dernier suffit à nous faire comprendre l’importance qu’il occupe au sein de la famille) et le frère de Takuto, Rikuto, remplit le rôle du fils parfait en répondant aux atteintes de ses parents. On a alors l’illusion d’une famille « heureuse », normale. Mais petit à petit les masques tombent et on se rend compte des angoisses de chacun. Seuls les liens familiaux rapprochent ces êtres enfermés dans leurs propres rôles. C’est d’ailleurs Takuto qui nous en donne les premiers indices.

Takuto, joué par Miura Haruma, est un personnage complexe et ce n’est qu’au fil des épisodes qu’on apprend à le connaître. Takuto, en apparence, est un jeune homme ordinaire qui comme tout les autres étudiants rencontre des difficultés à trouver un travail. Malgré tout, grâce à ses nombreux amis, il semble heureux. Mais, c’est là que son image commence à se craqueler. C’est au contact de Megumi, étudiante dans la même université que lui, qu’on apprend à discerner sa vraie personnalité. Au fur et à mesure on se rend compte de son mal être. J’ai d’ailleurs trouvé très forte la scène dans laquelle il confesse l’habitude qu’il a pris de jouer différents rôles/personnages depuis son entrée à l’école. Cela est d’autant plus intéressant que ce n’est pas la première fois que je vois dans un drama japonais un personnage agir de la sorte (ex : le personnage de Shuji dans Nobuta Wo Produce). On commence alors à se poser des questions sur le réel sens de la vie. Vivons nous pour les autres ou pour nous même ? Avons nous, ou non, le choix de mener notre vie comme on l’entend ? Que devons nous faire pour être accepté par la société ? Porter un masque d’illusion ou être nous même ? Toutes ces interrogations sont mises en lumière à travers les personnages de Takuto et de Rikuto.

Takuto est un personnage tout en nuance. Blessé par le manque d’attention que lui porte sa mère, il réfugie ses sentiments au plus profond de lui même et les cachent derrière de grands sourires. C’est d’ailleurs de cette manière qu’il va réagir, dans un premier temps, à l’annonce de sa maladie. J’ai été surprise de la maturité dont il fait preuve face à cette nouvelle fracassante. Il rejoint d’ailleurs, sur ce point là, l’héroïne de 1 Litre of Tears qui avait, elle aussi, montrée une force d’esprit remarquable pour son âge. Il apprend au fur et à mesure à l’accepter et cherche très vite de nouveaux buts à sa vie. Il finit par construire sa vie autour de cette maladie incurable qui prive peu à peu son corps de toute liberté de mouvements. Le côté vulnérable de Takuto nous est dépeint avec naturel évitant ainsi au drama de plonger dans du tragique pur et dur (ça ne m’a pas pour autant empêché de pleurer comme une madeleine mais bon ça c’est moi ^^). Le titre de l’épisode 5 résume finalement bien la force du protagoniste: “I’m resolved to have a positive outlook. I shall not lose” (“J’ai décidé d’adopter un point de vue positive. Je ne dois pas perdre”)

Si j’ai autant apprécié ce personnage c’est avant tout grâce au jeu que nous livre Miura Haruma. J’ai tout simplement été bluffé par sa performance alors même que ce n’était pas la première fois que je le voyais incarner une personne malade (cf: Koizora : The movie). Interpréter un tel rôle n’est pas donné à tout le monde mais Miura Haruma réussit haut la main à retranscrire toutes les émotions et conflits auxquels son personnage est confrontés.

2

           « Who is living next to you ? » [Megumi]

Si Takuto trouve la force de poursuivre sa vie c’est notamment grâce aux personnes autour de lui. Megumi, joué par Tabe Mikako, constitue sans l’ombre d’un doute le pilier de notre héros. Douce et gentille, Megumi arrive à calmer le jeune homme. Elle fait ressortir la vraie personnalité de Takuto. Ce dernier persuadé qu’il ne peut être aimé évite d’avoir avec toute autre personne une implication entraînant des sentiments trop profond. Mais Megumi réussit à percer la “carapace” du jeune homme et on le voit peu à peu s’ouvrir et se confier.

Megumi se fait porte parole de la jeunesse actuelle. Elle n’hésite pas à suivre ses sentiments et elle accorde beaucoup d’importance à sa réussite professionnelle. Elle s’oppose alors au modèle traditionnel de la femme japonaise et rejette la notion de mariage qui consiste à voir cette union comme une garantie de sécurité plutôt qu’un attachement. C’est d’autant plus frappant que son amie, Murayama Hina, représente son parfait opposé: cette dernière annonce dès les premiers épisode sa volonté de se marier le plus vite possible afin de ne pas avoir à chercher un travail. Le scénariste nous montre alors l’évolution de la jeunesse en confrontant ces 2 jeunes filles qui ont des perspectives différentes pour leur futur respective.

J’ai pu facilement m’identifier à Megumi qui d’ailleurs m’a un peu fait penser au personnage joué par Nishikido Ryo, Asou Haruto dans 1 Litre of Tears. Le couple Miura Haruma/Tabe Mikako marche très bien et j’étais heureuse de les revoir ensemble (Kimi ni Todoke).

4          La première impression que j’ai eu de Rikuto était plutôt mauvaise. Arrogant et sûr de lui, il accapare toute l’attention de sa mère. La relation parents-enfants semble ici primer sur la relation conjugale. Au Japon l’enfant a pour rôle de perpétuer l’honneur de la famille. Cela explique donc le comportement de la mère à l’égard de son second fils car Takuto, contrairement à Rikuto, c’est “rebellé” contre le vœu de ses parents. Mais on s’aperçoit petit à petit que Rikuto souffre lui aussi de cette bienveillance trop accrue. Il se trouve alors emprisonné dans son rôle de fils parfait. On aperçoit son désespoir peu à peu. Finalement, Rikuto et Takuto présentent de nombreux points communs et j’ai beaucoup aimé l’évolution de leur rapport fraternel.

7       Les parents évoluent eux aussi au fil du drama. On a, ici, l’image traditionnelle des parents à commencer par la mère. Les Japonais considèrent encore très souvent que le rôle d’une femme est de faire des enfants et de s’en occuper. Les femmes doivent donc être des épouses exemplaires et des mères modèle. La volonté d’accomplir ce rôle  est tellement forte chez la mère de Takuto et Rikuto (joué par Harada Mieko) qu’elle ne se rend même pas compte du malaise qu’elle provoque autour d’elle. Quant au père il agit pendant tout le drama en véritable chef de famille. Le respect du père, dans la société japonaise, constitue la base du modèle familiale et c’est d’ailleurs ce système patriarcal qui domine encore aujourd’hui. Je pense qu’il faut accepter l’idée que chaque société est différente pour arriver à comprendre les personnages de ce drama. Car si le comportement des parents peut nous paraître anormal, à nous occidentaux, il n’en est en réalité rien pour les Japonais. Ce modèle de famille est répandu au Japon et le rôle de la femme est plutôt bien admis par les Japonaises.

           En plus de sa famille, Takuto possède le soutien de ses amis et de ses collègues. J’ai trouvé formidable que le scénariste nous montre  les côtés positif de la société japonaise et je n’ai pas pu m’empêcher de dire que Takuto avait quand même beaucoup de chance d’avoir des collègues de travail aussi compréhensive. J’ai également aimé la réaction d’un de ses amis: Mukai Shigeyuki (joué par Saito Takumi). Cela empêche au drama de tomber dans le monde des “bisousounours”. Les sentiments mixtes qu’il tient à l’égard de Takuto procure une touche réaliste à l’histoire et montre que tout le monde ne réagit pas forcément de la même manière face à une personne handicapé.

p-horzC’est donc avec naturel et réalisme que nous plongeons dans cette histoire certes tragique mais aussi incroyable. Ce drama est avant tout une véritable leçon de vie. Le titre du premier épisode « Are you living your life to the fullest ? » (Vivez vous votre vie à fond?) semble d’ailleurs nous faire un clin d’œil. On ne peut que se sentir concerné par cette question comme si elle nous été posée directement.


Note de Whoovy: 8/10
Note de Dushbadou: 8/10
Note finale: 8/10

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