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CINQ COURT-METRAGES CONTRE L’HOMOPHOBIE

par Alice

Dans le cadre du concours « Jeune et homo sous le regard des autres » organisé par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) en partenariat avec le ministère de la Santé et Canal+, cinq court-métrages ont vu le jour en 2009. Tous avec un même but : lutter contre l’homophobie.
Je suis tombée sur ces cinq vidéos un peu par hasard et après les avoir toutes visionnées, il m’a parut difficile de ne pas y consacrer un article. Certains de ces court-métrages ont été montrés en classes de collège pour inciter les jeunes à débattre sur le sujet de l’homosexualité mais aussi pour les faire réfléchir sur le regard qu’ils portent sur le sujet. Ça en aura fait rire certains. D’autres auront dit être dégoûtés de voir deux garçons s’embrasser. Le tout aura été d’en sensibiliser un maximum.

 

 « EN COLO »

Scénario: Guillaume Nail
Réalisation: Rodolphe Marconi
Avec: Jean-Denis Marcoccio, Aurélien Baty

Un court-métrage très parlant. L’action se passe en colonie de vacances. L’histoire pourrait se passer dans n’importe quelle colonie de vacances, n’importe où en France ou même dans le monde. Un petit groupe d’amis, le jeu de la bouteille, deux garçons -Mathieu et Maxime- doivent s’embrasser. C’est de là que tout part. Maxime fait les frais de mauvaises blagues et d’insinuations sur sa probable homosexualité. Mathieu ne dit rien mais semble tout autant concerné que le jeune homme. C’est assez bon enfant, au final. Ça reste gentillet. Mais à un âge où l’orientation sexuelle se précise, ça peut être compliqué à vivre, pour peu qu’on ait un tant soit peu de sensibilité.


 « PAULINE »

Scénario: Daphné Charbonneau
Réalisation: Céline Sciamma
Avec: Anaïs Demoustier

Certainement le court-métrage le plus touchant parmi les cinq. Pauline nous raconte très simplement son histoire. Ses mots sont simples et très naturels. Elle semble plutôt passive face à ce qu’elle a vécu. Elle nous raconte, tout simplement. On voit que ça la touche néanmoins, grâce aux quelques silences qui ponctuent son monologue. C’est simple mais tellement transcendant de vérité. Les scènes qu’elle décrit ont du arriver à tellement de jeunes homosexuels. Anaïs Demoustier (« Elles », « Bird People ») nous livre ici une prestation assez remarquable. Elle arrive aisément à capter le spectateur pendant toute la durée du court-métrage, simplement en étant allongée sur son lit.


 « LES INCROYABLES AVENTURES DE FUSION MAN »

Scénario: David Halphen
Réalisation: Xavier Gens et Marius Vale.
Avec: Raphaël Personnaz et Patrick Ligardes

Je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai vu. Le second degré est présent dès le début. Les intonations des personnages, les dialogues, les costumes aussi et surtout. Un super-héros en collant et en slip débarque, à la rescousse des personnes en détresse. Il est clairement fait allusion à Robin (le second de Batman) à plusieurs reprises, pour parler d’homosexualité. Ce court-métrage est plutôt drôle et permet d’aborder l’homosexualité d’un autre point de vue, de prendre la chose autrement. La participation de Félix Moati ne fait qu’ajouter un bon point supplémentaire à ce court-métrage. Vraiment très bien.


« BASKET ET MATHS »

Scénario: Sébastien Perroy
Réalisé par: Pascal-Alex Vincent
Avec: Axel Wursten, Paul Perles

Un nouveau court-métrage et un nouveau point de vue sur l’homosexualité. Ici, le coming out est clairement le sujet principal. Cet acte où l’on avoue tout, où on laisse ses secrets voir le grand jour. C’est souvent déterminant pour un homosexuel. Soit ça passe, soit ça casse. Jérôme est amoureux de Cédric, mais ne pense pas tout de suite au fait d’être homosexuel. Il ne veut pas se l’avouer. Parce qu’avant de le dire à sa famille, il faut se le dire à soi-même. Le jeu des acteurs n’est pas forcément crédible mais le message passe, et c’est le plus important.


  « OMAR »

Scénario: Axel Ddossou
Réalisé par: Sébastien Gabriel
Avec: Ralph Amoussou, François Civil

J’ai toujours eu tendance à être plus touchée par une histoire entre deux hommes homosexuels que deux femmes homosexuelles. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais ça m’affecte toujours. « Omar » est vraiment un court-métrage intéressant puisqu’il dépeint ici l’homosexualité vue dans les cités. Arthur (François Civil, excellent) est prit pour cible par une petite bande de quartier dont fait partie Omar. De petites moqueries qui semblent banales pour ce petit groupe d’amis qui utilisent le mot “pédé” pour à peu près tout et n’importe quoi, ou n’importe qui. Mais pour Arthur, qui est en effet homosexuel, ce mot a du sens. Et puis, on apprend qu’Omar rejoint Arthur en cachette pour exercer leur passion: le slam et notamment l’écriture des textes. Et puis, il y a ce baiser entre eux deux qui est vu par un enfant du quartier, qui va évidemment aller répandre la scène comme une trainée de poudre. S’en suivra le comportement violent et tranchant du père d’Omar et le changement d’attitude des gens qui quartier. Ralph Amoussou (« Aide-toi, le ciel t’aidera », « Les Petits Princes »), que je ne connaissais que vaguement, m’a intriguée puis rapidement, m’a époustouflée. Un très, très bon court-métrage qui en fera peut-être réfléchir certains.

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