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SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE

par Alice

Synopsis : 2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais… (source: allociné)

Fiche Technique :
Nationalité : Sud-coréen, français, américain, tchèque
Genre : Drame, science-fiction
Sortie : 30 Octobre 2013
Distributeur : CJ Entertainment, Wild Side Films, Le Pacte
Durée : 2h06min
Réalisé par : Joon-Ho Bong
Avec : Chris Evans, Jamie Bell, Tilda Swinton, Song Kangho, Ko Asung, John Hurt, Ed Harris, Octavia Spencer, Ewen Bremner,Luke Pasqualino…


« Le Transperceneige » est un film qui fait énormément réfléchir. Un film à se creuser la cervelle, juste comme je les aime. C’est un film à voir sur grand écran, un film pour lequel j’aurais eu plaisir à payer une place de cinéma. Malheureusement, j’ai du me contenter de le regarder sur internet. Et je le regrette vraiment. Pendant le temps de charge de la vidéo, j’ai donc jeté un rapide coup d’œil aux commentaires. C’était tout blanc ou tout noir. Soit c’était le film du siècle, soit c’était la daube du siècle (sans argument valable pour ces commentaires là, évidemment). Je pense qu’il y a un niveau élevé de compréhension dans ce film. Le film est adapté d’une bande dessinée de science-fiction post-apocalyptique française en noir et blanc créée par Jacques Lob (scénario) et Jean-Marc Rochette (dessin). La bande dessinée se déroule en trois albums, le premier ayant été publié en 1984. L’histoire a trente ans mais pour l’époque où l’histoire a été créée, je pense que c’était très visionnaire. Un peu comme « Orange Mécanique » pouvait l’être (on se rend compte aujourd’hui que la satire de la société qui avait été écrite par Anthony Burgess en 1962, puis l’adaptation cinématographique de Stanley Kubrick en 1971 n’est pas si éloignée de notre société actuelle).

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« Le Transperceneige » nous projette en l’an 2031 où une nouvelle ère glacière enveloppe la planète dans le froid le plus saisissant. Le film commence dans le train, le Transperceneige. Cette machine, en marche constante, fait le tour complet de la Terre constamment, en attendant que la situation au dehors s’améliore et que la nature soit à nouveau viable pour l’homme. Le film se découpe en deux parties bien distinctes mais tout aussi intéressante l’une que l’autre. La première partie suit toute l’avancée des “queutards”, c’est-à-dire de la population de la queue du train représentant la basse société. Leur ascension dans le train et donc dans la société. Ils dépassent la queue du train et s’aventure vers la tête du train qui représente les gens de la haute société. Chaque personne a sa place. Dans le train, comme dans la société qu’il représente. Cette phrase est souvent répétée tout au long du film, ancrant la hiérarchisation dans notre esprit. Puis, il y a une seconde partie dans l’histoire qui arrive pile à la moitié du film. Le rythme ralenti, l’ascension se fait plus lente et on creuse plus en profondeur dans l’histoire que simplement cette envie d’accéder à la tête du train et donc à la machine qui la dirige. Du coup, le temps se fait plus long et certains peuvent vraiment sentir les minutes passer. Mais cette partie, comme la première, est essentielle pour le film.

Il y a de réelles trouvailles dans ce film et je tiens à le signaler. Le train, tout d’abord. Mais aussi le duo Gilliam/Wilford, les six ou sept étages de couchettes de la queue du train, tout le travail qui a été fait autour des vivres qui sont concentrés dans le train…
Aussi, on sent la réelle touche coréenne de ce qui se disait être un blockbuster américain. La présence de Song Kangho et Ko Asung, évidemment. Mais aussi les images. Il y a une vraie pâte coréenne que l’on retrouve à certains moments. Des arrêts sur images significatifs du cinéma de cette partie du monde. Au niveau des plans, mais aussi des couleurs…

e3e14455eb7048c9c2e200c0a2cca954 (630x354)Un casting exceptionnel. Il y a beaucoup de petits rôles mais qui ont chacun leur importance à un moment bien précis. Je pense à Octavia Spencer et Ewen Bremner qui sont troublants de sensibilité envers leur propre enfant. Luke Pasqualino aussi, que j’ai mit un peu de temps à reconnaître et qui aura mérité que je me repasse sa scène sur les cylindres au moins une bonne dizaine de fois. John Hurt et Ed Harris qui ont des rôles “piliers” pour l’histoire et qui, en tant qu’acteurs, n’ont vraiment plus rien à prouver à personne.
Song Kangho et Ko Asung, que je ne connaissais même pas de nom m’ont épatée. Song Kangho joue Namgoong Minsu, un détenu accro au “kronol” antipathique. La seule chose qui l’intéresse est la fille, Yona et les boulettes de “kronol” (drogue dure) qui lui servent de récompenses à chaque nouvelle porte de wagon ouverte. C’est bien simple, l’histoire ne serait pas possible sans lui. Et sans sa fille, jouée par Ko Asung, qui a un certain don de voyance permettant de savoir ce qu’il y a derrière chaque porte. Ils forment un duo père/fille assez épatant.
Je pensais que Tilda Swinton avait atteint son maximum de personnages différents, aussi bien physiquement que psychologiquement. Je me suis apparemment trompée. Elle a certes un physique particulier mais qui la rend d’autant plus intéressant. Je l’ai vu dans de nombreux films (« Constantine », les différents volets du « Monde de Narnia », « We Need to Talk About Kevin », « Only Lovers Left Alive »…) et j’ai souvent eu du mal à la reconnaitre. Ici, elle campe à merveille le rôle de Mason, une femme assez frigide et complètement soumise aux ordres de Wilford, le créateur du train qu’elle considère très clairement comme un dieu vivant sur Terre.
Jamie Bell. Que dire de lui? Il campe ici le rôle d’Edgar, un jeune homme de dix-sept ans né à bord du train. Il est en quelque sorte le bras droit de Curtis et croit en lui, peut-être pas comme un fils croirait en son père, mais certainement comme un garçon croirait en son grand frère. Il y a une réelle complicité entre eux deux et un lien très fort. Edgar estime Curtis comme un leader et est prêt à tout pour faire partie de cette révolte qui se prépare. Impatient et parfois insolent, ce rôle-ci est assez mature, et a quelques similitudes avec le rôle qu’il tenait dans « L’aigle de la neuvième légion ».
Je terminerai par Chris Evans, qu’on aime beaucoup à Cineclique. Peut-être un peu trop, même. Il est méconnaissable dans le rôle de Curtis. Physiquement d’abord, avec cette grosse barbe et ce bonnet qui encombrent une bonne partie de son visage. Et puis ce rôle qu’il joue, celui de Curtis, qui ne concorde pas vraiment avec ses dernières apparitions aux cinéma où il a enfilé la costume de la Torche dans « Les Quatre Fantastiques » et « Les Quatre Fantastiques et le Surfeur d’Argent », puis celui de Steve Rogers/Captain America dans les films consacrés au super-héros. Il a avait jusqu’à présent une étiquette de beau gosse, qui lui allait à merveille, mais je suis plus qu’heureuse de le voir dans un autre genre de personnage et dans un rôle plus travaillé, travaillé en profondeur et pas seulement en apparence.

La bande son est vraiment exceptionnelle. Je ne parle pas toujours du son dans les critiques que je fais mais ici, c’est impossible de ne pas en parler. Au début du film, on ne fait pas vraiment attention aux musiques qui accompagnent les scènes. Jusqu’à la scène du cylindre où il y a un silence. Les silences sont peu nombreux mais toujours très bien placés, justifiés et très utiles pour le film et l’action qui se déroule.

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« Le Transperceneige » est sorti au cinéma en tant que blockbuster et le fait est qu’il ne correspond pas vraiment à ces films à gros budgets qui sortent en salles aux États-Unis. Le film a fait un petit flop et je suis bien contente parce que ça prouve d’une certaine façon que le film était trop intelligent pour certains et donc, bien réussi. La seule chose qui me retiendra d’attribuer un sans faute à ce film est la fin qui m’a, justement, laissée sur ma fin.


Note d’Alice : 9,5/10
Note d’Aud : 9,5/10
Note finale : 9,5/10


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