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the_housemaid_poster02The Housemaid (하녀)

par Whoovy

Nb: Remake contemporain du film de 1960 La servante de Ki Young Kim

/!\ Film interdit au moins de 16 ans

Synopsis: Lee Eun Yi est engagée comme aide gouvernante dans une riche maison bourgeoise. Le mari, Hoon, la prend pour maîtresse. La vie de toute la maison va alors basculer

Fiche technique:

Pays: Corée du Sud
Genre: Thriller, érotique, drame
Sortie: 2010
Durée: 1h47
Réalisateur: Im Sang Soo
Interprétation: Lee Jung Jae, Jeon Do Yeon, Seo Woo, Yoon Yeo Jeong…

version anglaise


thehousemaid1-vertLe cinéma coréen se démarque des autres par la poésie et le mystère qui s’y dégage. On apprend, petit à petit, à le connaître grâce à de grands cinéastes comme Bong Joon Ho (Memories of murder), Kim Ki Duk (The Bow) ou encore le réalisateur de The Housemaid: Im Sang Soo. Auteurs clairement identifiés et ayant un public fidèle, ils nous font découvrir la culture, l’histoire… de leur pays grâce au 7ème art. Ils nous offrent un regard neuf et parfois provocateur sur leur société qui est finalement peu connue des occidentaux.
Les avis sur ce long métrage restent très partagés. La participation de The Housemaid au Festival de Cannes en 2010 n’a apparemment pas eu l’impact désiré sur le public. Malheureusement beaucoup se sont arrêtés à la surface du film et n’ont pas cherché à voir plus loin. Tandis que d’autres, en voyant toutes les critiques négatifs (certains allant jusqu’à comparer ce film à de la pornographie), ne se sont même pas donnés la peine de le visionner. Et je trouve ça bien dommage!
Au menus: sexe, pouvoir, argent… tout passe sous le regard acéré du cinéaste coréen. Ce long métrage est avant tout une satire de la société. La différence des classes y est critiquée ainsi que la différence homme/femme. Rien n’est laissé de côté. La scène d’ouverture nous plonge directement dans le vif du sujet. L’opposition, entre le milieu populaire, où la caméra virevolte dans tous les sens, et le milieu aisé, où tout semble calculé au millimètre près, est limpide. Le passage entre ces deux mondes se fait par l’intermédiaire du personnage joué par Jeon Do Yeon, Lee Eun Yi. Cette dernière est engagée comme nourrice dans une famille fortunée. Le changement est brute. Les plans sont soignés et d’une efficacité redoutable. Im Sang Soo fait parler l’image rendant ainsi le long métrage aussi bien esthétique qu’intéressant. On découvre, à travers le regard naïf et espiègle de Lee Eun Yi, un monde opulent où argent rime avec pouvoir. Les décors au tons froid, la musique composée par Kim Hong Jib, les comportements des personnages… tout nous met mal à l’aise en particulier lorsque le maître de maison (joué par Lee Jung Jae) apparaît pour la première fois. Pas besoin d’être Sherlock Holmes pour deviner la suite des événements. Une ambiance saturée et lourde surgit. Le long métrage prend des tournures de film érotique. Le réalisateur nous offre un tableau pittoresque où l’homme est placé au dessus de tout. Malgré ses absences répétées on comprend tout de suite que c’est lui le chef. Les femmes virevoltent autour de cet homme qui n’hésite pas à imposer ses choix. Ce que le maître de maison désire, le maître de maison l’obtient, tel semble être la devise de cette demeure. L’image de la femme est dégradée tout au long du film et nous le voyons aussi bien à travers le personnage de Lee Eun Yi que de celui de la femme, Hae Ra (joué par Seo Woo). L’une répond au désir sexuel de monsieur tandis que l’autre sert littéralement de pondeuse. Des propos tenus par des personnages comme celle de la mère d’Hae Ra (“With a rich husband, cheating is just a part of the package. From the day he was born, he had everything he ever wanted. Whatever he saw, if he wanted it, it was his”) nous semble aberrant voir écœurant. On est choqué par la tournure des événements qui, très vite, prennent des allures de thriller.  Les femmes n’osent s’élever contre cet homme et préfèrent se retourner les unes contre les autres. Lee Eun Yi, qui n’est pas non plus totalement innocente dans l’histoire, est alors prise pour cible. Cruauté, égoïsme, honneur…les masques tombent. Il faut sauver les apparences coûte que coûte. Le réalisateur nous dépeint avec un plaisir pervers et cynique cette descente aux enfers. Le rythme au départ lent s’accélère pour finalement finir en apothéose. Qu’on est aimé ou non ce film on n’en ressort pas intact. The Housemaid vaut vraiment le détour ne serait que pour la performance des acteurs (Lee Jung Jae mérite largement sont award du meilleur acteur. Mention spéciale à Yoon Yeo Jeong qui, pour moi, est l’une des meilleurs actrices vétérante que je connaisse) et la qualité de la réalisation.

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Note de Whoovy: 7.5/10
Note d’Alice: 6/10
Note de Dushbadou: 7.5/10
Note finale: 6.75/10


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